mercredi 10 septembre 2014

La France repousse encore sa promesse de retour du déficit à 3% du PIB


La France va une nouvelle fois repousser, Tn Requin à 2017 au lieu de 2015, son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3% du produit intérieur brut, invoquant mercredi "une situation exceptionnelle" en Europe.
Le déficit public, différence entre les recettes et les dépenses de l'Etat, des collectivités territoriales et de la sécurité sociale va même augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) cette année, à 4,4% du PIB contre 4,2% l'an dernier, a admis le ministre des Finances Michel Sapin.
Il devrait progressivement décroître à 4,3% en 2015 et passer sous le seuil de 3% en 2017.
La France avait déjà demandé par deux fois de remettre cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François Hollande.
Le gouvernement tablait initialement sur un déficit public ramené à 3,8% du PIB cette année et chutant à 3% l'an prochain.
Mais ce scénario est perturbé par ce que M. Sapin a qualifié de "situation exceptionnelle" de l'économie en zone euro, "marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l'inflation que personne n'avait anticipé".
Une "conjonction "inédite dans l'histoire économique de l'Europe", a-t-il insisté.
En employant Nike Tn les mots de "situation exceptionnelle", terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, M. Sapin a adressé un message implicite à la Commission européenne, gardienne de la discipline budgétaire.
- Pas de demande d'"exception" -
Il a toutefois précisé que sa position était "claire": "nous ne demandons pas la modification des règles européennes, nous ne demandons pas leur suspension, ni aucune exception".
Le ministre a également corrigé ses prévisions de croissance pour la France: à 0,4% cette année puis 1% l'an prochain.
Il a précisé par ailleurs que la faible inflation, qui pèse sur les comptes publics en réduisant les recettes et en neutralisant certains efforts d'économies, devrait perdurer en France, avec un taux prévu à 0,5% en 2014 puis 0,9% en 2015.
Initialement, Paris espérait une croissance de 1% cette année, accélérant l'an prochain à 1,7%, mais M. Sapin avait indiqué à la mi-août que cet objectif ne tenait plus.
Face à cette révision de la trajectoire de déficit promise à ses partenaires européens, le ministre a donné un gage concernant la dépense publique. Faisant volte-face, il a annoncé que les économies sur la progression naturelle de la dépense publique de 21 milliards d'euros prévues l'an prochain seraient bien maintenues, contrairement à ce qu'il avait annoncé il y a seulement une semaine.
"La maîtrise des dépenses est une nécessité et nous irons jusqu'au bout de l'objectif de 50 milliards d'économies prévues jusqu'en 2017, à commencer par les 21 milliards d'économies prévues pour la seule année 2015", a-t-il déclaré.
Le 2 septembre, M. Sapin avait annoncé à l'AFP que cette première tranche des 50 milliards, ne serait pas atteinte en raison du recul de l'inflation qui anéantit les économies calculées en n'indexant plus des dépenses ou prestations sur la hausse des prix.
"On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", avait reconnu le ministre en réponse à une question sur le maintien d'un objectif de 21 milliards d'économies l'année prochaine.
- Les économies seront "compensées" -
"L'année prochaine par exemple, là où sur une hypothèse d'inflation de 1,5%, on faisait au-delà d'un milliard d'économies, par le seul gel de prestations, aujourd'hui ces économies sont remises en cause", avait-il notamment expliqué.
"Les deux milliards d'économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l'inflation seront donc compensés", a déclaré mercredi M. Sapin, annonçant ainsi la perspective de mesures d'économies qui seront détaillées lors de la présentation du budget le 1e octobre.
Mais en 2015, "pour la première fois depuis au moins quatre ans, aucune mesure générale avec des effets parfois retardés (...) ne viendra augmenter l'impôt sur le revenu des Français", a-t-il précisé.
Il a exposé les grands Air Max ensembles d'économies. "Les dépenses de l'Etat et de ses opérateurs diminueront de plus de 1 milliard d'euros, quand naturellement elles auraient progressé de 6 milliards. La baisse des dotations aux collectivités locales sera confirmée à hauteur de 3,7 milliards. S'agissant de la sécurité sociale, plusieurs milliards d'économies ont déjà été votés ou négociés", a-t-il déclaré.

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